jeudi 13 mars 2014

Résilience

Résilience : Nom féminin

DÉFINITION:
Propriété d'un individu à résister psychiquement aux épreuves de la vie
.

La résilience, une capacité à surmonter les épreuves, faculté à

« rebondir », à vaincre des situations traumatiques.


La résilience est un phénomène psychologique qui consiste, pour un individu affecté par un traumatisme, à prendre acte de l'événement traumatique pour ne plus vivre dans la dépression et se reconstruire. La résilience serait rendue possible grâce à la structuration précoce de la personnalité, par des expériences constructives de l'enfance (avant la confrontation avec des faits potentiellement traumatisants) et parfois par la réflexion, ou la parole, plus rarement par l'encadrement médical d'une thérapie.

En physique, le mot "résilience" désigne l'aptitude d'un corps à résister à un choc
La résilience, le process d'une incroyable reconstruction psychologique  - La résilience ou comment surmonter les épreuvesAppliqué aux sciences sociales, il signifie : "La capacité à réussir à vivre et à se développer positivement, de manière socialement acceptable, en dépit du stress ou d'une adversité qui comporte normalement le risque grave d'une issue négative."
Autrement dit, la résilience consiste à prendre acte d’un traumatisme (deuil, abandon, inceste, violence sexuelle, maladie, guerre), à apprendre à «vivre avec» et à rebondir en changeant de perspective, voire même à se délivrer d’un passé empoisonnant pour en sortir grandi.





Le développement du concept de résilience

Le terme de résilience a été largement médiatisé à la suite du livre "Un merveilleux malheur" de Boris Cyrulnik (Editions Odile Jacob). La résilience est la capacité qu'ont certains enfants à triompher des différents traumatismes qu'ils ont subis. 
Boris Cyrulnik a exposé au grand public la résilience comme vecteur d’espoir.
En partant de sa propre expérience et de l’observation de divers groupes d’individus (survivants des camps de concentration, enfants des rues boliviennes), il a démontré que l’on pouvait aborder la psychologie et la psychanalyse de façon plus optimiste et moins stigmatisante.
Le malheur doit donc être perçu comme une étape qu’il est possible de surmonter.

Selon lui, le malheur n'est pas une destinée, rien n'est irrémédiablement inscrit, on peut toujours s'en sortir..
Cette faculté n’est pas innée, mais elle trouve ses racines dans l’enfance, et dans la relation que les parents entretiennent avec leur enfant.

Les facteurs innés et acquis
D’autres facteurs sont à intégrer, comme le caractère de l’enfant (souple, confiant), le climat familial dans lequel il s’épanouit (harmonieux, sécurisant, couple parental uni, attachement maternel fort) au cours des premières années de vie et enfin, le réseau de relations extérieures qu’il réussit à se créer (soutenant ou non, rassurant ou pas).
Statistiquement, un enfant ayant ces 3 attributs réunis dès le plus jeune âge serait donc mieux armé pour affronter les difficultés de l’existence, sans détresse apparente.

Le mécanisme du processus de résilience

Dynamique, la résilience entraîne les processus suivants : la défense-protection, l'équilibre face aux tensions, l'engagement-défi, la relance, l'évaluation, la signification-valuation, la positivité de soi, et la création.

- Une personne résiliente passe par une révolte et un refus de se sentir condamné au malheur.

- Viennent ensuite le rêve et le défi, c’est à dire le souhait de sortir d’un traumatisme plus fort, en atteignant un objectif.

- On note aussi l’attitude de déni, qui consiste à se créer une image de personne forte afin de se protéger de la pitié de l’entourage, même si une fragilité intérieure demeure.

- Enfin l’humour : un résilient a tendance à développer une forme d’autodérision face à son traumatisme. Une manière de ne pas se complaire dans la tristesse et de cesser d’être exposé aux yeux des autres comme une victime de la vie.

A noter aussi que nombreuses sont les personnes résilientes peuvent entrer dans une phase de création (écriture, dessin). Une façon d’exorciser le malheur, de sortir des sentiers battus et de marquer indirectement leur différence.

Peut-on apprendre la résilience ?

Deuil, maladie, violence... Comment font ceux et celles qui ont subi de profonds traumatismes et qui, pourtant, sont parvenus à se reconstruire sans tomber dans la dépression ? C’est ce que les psys appellent la résilience.
Certains déterminants génétiques sont à prendre en compte. En effet, selon les individus, le cerveau ne produira pas la même dose de dopamine, de sérotonine, et donc de substances euphorisantes. Certains enfants à la naissance seront donc plus «actifs» et psychiquement plus solides que d’autres.
Après un choc ou une douloureuse épreuve, un individu et ce, qu’importe son âge, est plus ou moins contraint de se créer un processus de résilience. Il s’agit alors d’accepter le coup du sort, de le maîtriser pour ensuite le transformer et pouvoir ainsi continuer à vivre normalement. Même si bien sûr, la blessure est présente et le restera toujours...

Ils refusent leur rôle de victime passive, ont des rêves fous et de l’humour. Ces blessés de l’âme ont transformé leur souffrance en une rage de vivre. Boris Cyrulnik explique comment ils se défendent et se construisent. voir l'article ici

Question à : Catherine Marchi - Psychologue clinicienne

Quels sont les mécanismes de résilience ? Dans le fracas de l'existence, l'enfant met en place des moyens de défense internes tels le clivage, quand le moi se divise en une partie socialement acceptée et une autre, plus secrète. Le déni permet de ne pas voir une réalité dangereuse ou de banaliser une blessure douloureuse. Les autres mécanismes de défense sont la rêverie, l'intellectualisation, l'abstraction et enfin l'humour.
Toutes les études montrent qu'un enfant peut s'en sortir et que l'avenir est moins sombre s'il dispose de tuteurs de développement autour de lui. Cela peut être une famille d'accueil, un éducateur, une rencontre avec un professeur ou un adulte tout simplement compréhensif.
Les critiques

Si le concept de résilience est bien accepté et utilisé aux Etats-Unis, il semble plus difficile à imposer en Europe. La raison : les psychologues américains s’inspirent davantage du comportementalisme pour analyser certains phénomènes et établir des thérapies. 
En France, plusieurs psychanalystes dénoncent la notion de résilience comme un concept visant à se préoccuper davantage des symptômes plutôt que de l’origine des maux de l’individu.


Loin d’être perçue comme un signe d’invulnérabilité, la résilience présente néanmoins l’avantage de véhiculer aux yeux du grand public, un message optimiste et anti-fataliste, mieux encore un «réalisme de l’espérance».


sources :
http://www.psychologies.com/
http://www.aufeminin.com


3 commentaires :

  1. Bel article, qui rappelle une fois de plus que l'Homme a bien des ressources dont il ne prend pas toujours conscience, notamment sa capacité à surmonter les épreuves et s'adapter à bien des situations.

    RépondreSupprimer
  2. Très bon article qui m'a permis de découvrir la définition du mot "résilience"

    RépondreSupprimer
  3. Merci Pouma I et bienvenu chez moi.
    J'adore découvrir et partager de nouveaux mots ou définitions.
    La résilience est une discipline que j'ai personnellement pratiquée et qui m'a sauvé de bien des malheurs, je la conseille à tous.
    Je ne suis pas érudite mais curieuse et je pense que la vie ne sera jamais assez longue pour que tarisse notre soif de savoir.
    Chez moi, tu trouveras des choses sérieuse mais beaucoup de bêtises aussi, alors à bientôt.

    RépondreSupprimer

Qu'en dis tu?